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L'art d'écrire des livres n'est point encore inventé.
Des fragments de ce genre-ci sont des semences littéraires :
il se peut, certes, qu'il y ait dans leur nombre beaucoup de grains stériles,
mais qu'importe, s'il y en a seulement quelques-unes qui poussent ! "
Novalis - Pollens (Blüthenstaub) - v.1797-1798
« Quand
l'apprêt se trouve à la fois dans le corps et dans l'esprit,
il portera plus violemment à l'une et l'autre jouissance »
« En tout acte de ligature il est un rapport de proportion, que nous éprouvons constamment quand il s'agit de manger ou de copuler. Nous y sommes en effet entraînés et liés par le désir et par l'amour, mais pas toujours pour les mêmes objets, ni de la même manière, ni dans la même mesure, ni selon les mêmes vicissitudes temporelles. Avec le temps en effet fluctue et se dégrade notre complexion et tout ce qui résulte de cette complexion. Donc, par une réflexion préalable, avisée, il faut savoir à l'avance le moment propice à la ligature, et avoir la présence d'esprit de profiter vite de l'instant présent afin de lier et enchaîner sitôt que l'on a pouvoir de lier. »
Giordano
Bruno - Des Liens - v.1590-1591
Voyage
en Pologne en '64. Hôte chez une femme aussi agréable que jolie,
dont le mari était absent pendant toute la durée de mon séjour
(il était au bord de la mer noire pour soigner une dépression
nerveuse). Cette charmante jeune femme s'absentant pendant une bonne partie
de la journée pour son travail, elle s'était arrangée
pour que l'une de ses cousines une jeune fille brune et également
très jolie me tienne compagnie en son absence, m'accompagnant
partout et tenant rôle d'interprète. Elle couchait également
à la maison, de même qu'une autre jeune fille une
petite domestique blonde d'origine campagnarde , elle aussi très
mignonne, réservée et timide mais très gentille.
C'était à Varsovie, en hiver. Dans cet appartement assez confortable,
où une petite chambre m'était entièrement réservée,
la compagnie de ces trois femmes, qui faisaient tout pour m'être agréables,
fut un des moments les plus délicieux et les plus inoubliables de ma
vie. J'avais connu Z., la maîtresse de maison, à Paris, et je
l'avais reçue chez moi pour quelques heures (marquées d'un érotisme
intense et sans limite) chaque fois qu'elle y était revenue. Il y avait
entre nous une entente érotique réelle et surtout beaucoup d'amitié,
malgré des longs silences et des absences de plusieurs mois entre une
rencontre et l'autre.
A Varsovie, très souvent, je me levais en pleine nuit et j'allais la
réveiller. Z. dormait à côté de sa jeune cousine,
qui s'appelait W. : Z. se levait doucement, prenant toutes ses précautions
afin de ne pas réveiller sa compagne et me suivait dans ma chambre,
rejoignant mon lit. Elle passait avec moi une heure ou plus et ensuite elle
regagnait son lit avec la même discrétion. Nos manèges
risquaient à tout moment d'alerter la jeune fille, laquelle remuait
dans son sommeil dès que la maîtresse de maison quittait leur
lit commun. Cette dernière finit d'ailleurs par m'avouer qu'elle pensait
qu'on avait réveillé au moins quelques soupçons chez
sa petite cousine, ce qui l'obligea à user, à chaque fois, de
la plus grande prudence.
Je dis « la plus grande prudence ». Et cependant, il
ne s'agit là que de l'emploi désinvolte d'une expression habituelle
qui me paraît assez mal approprié dans le cas de Z., car je suis
persuadé que l'éventualité d'une découverte de
ses " fuites " nocturnes ne la préoccupait pas excessivement.
Z. était calme sereine, même sûre
d'elle-même, fataliste au plus haut degré et surtout confiante
: les deux cousines étaient très amies, elles s'aimaient bien
; la discrétion et la prudence de Z. tenaient peut-être uniquement
à une certaine pudeur.
Mais plus tard, Z. prétendit que W. était devenue peut-être
un petit peu jalouse. De moi ? D'elle ? De nous deux ? Oui, peut-être
de nous deux, tout simplement. Cependant les journées, et surtout les
soirées étaient gaies. Moi, j'étais aux anges, avec ces
trois anges autour de moi, à la maison, trois anges pas du tout asexués,
secrètement excités, chauffant une situation involontairement
tendue, singulière et intime, dans laquelle j'étais le centre
d'intérêt, la cause du trouble, l'événement, le
porteur de nouveauté. On mangeait tous ensemble, on buvait, on mettait
des disques, on dansait, on riait et on s'amusait beaucoup, on se racontait
beaucoup de choses, on écoutait la radio. Dehors, je me promenais presque
toujours avec W. Je visitais les musées, les château et les parcs
sous la neige en sa compagnie et, un jour, elle m'accompagna même à
Lodz, dont je tenais à visiter le musée. C'était un guide
très compétent, très adroit, extrêmement gentil
et d'une vivacité que je suis loin d'oublier.
Le jour avant mon départ après avoir bien visité
la capitale et être resté deux jours à Cracovie
je surpris W., la petite cousine en larmes. Tout me fut réellement
révélé ce jour-là : le chagrin de mon jeune guide
venait de l'imminence de mon départ, de la fin d'une trop brève
parenthèse dans la vie quotidienne où l'amitié, le désir,
l'amour et des tas d'autres choses se confondaient sans se nommer, sans se
définir, dans l'intimité, le bien-être, la gaieté
d'une situation.
C'était à moi de la consoler. Nous nous embrassâmes avec
une tendresse et un plaisir uniques, nous souvenant sans mot dire de tout
ce qui avait été, rêvant à tout ce qui ne l'avait
pas, les baisers comblant en partie l'amertume des regrets. Mais c'était
trop tard. Le reste de cette histoire était forcément confié
au souvenir, et c'est par le souvenir que le regret aurait eu sa petite éternité.
Guido Biasi
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« Celui qui a contemplé à loisir la satisfaction puérile avec laquelle les autres vaquent à leurs menues activités aura pour les siennes propres une indulgence nettement ironique. Il ne rejoindra pas le chour des dogmatiques. »
Robert
Louis Stevenson - Une apologie des oisifs (1877)
« Tu dis que l'époque est de plus en plus morte. Mais : oui et non. Il nous semble, à beaucoup de signes, que des forces vivantes commencent à se chercher, à surgir derrière les décors officiels (gauche ou droite, cour ou jardin) du lamentable théâtre de l'époque. C'est encore à jouer. »
Guy Debord à Ivan Chtcheglov - Correspondance (début avril 1963)
Les
inverses 6 et 9
Se sont dessinés comme un chiffre étrange
Comme un chibre d'ange
69
Deux serpents fatidiques
Deux vermisseaux
Nombre impudique et cabalistique
6 : 3 et 3
9 : 3 3 et 3
La trinité
La trinité partout
Qui se retrouve
Avec la dualité
Car 6 deux fois 3
69 dualité trinité
Et ces arcanes seraient plus sombres
Mais j'ai crainte de les sonder
Julia Josepha Marguerite
Les trois jolies petites suceuses de bites
Rue Grégoire-de-Tours
Hercule et Omphale Le cul - Sens-tu Le chien ... Tiens
bien !
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Pyrame et Thisbé Madame Pyrame La belle Jouit
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Elle avait
un peignoir bordeaux Sa croupe hilare Guillaume Apollinaire, Poésies libres |